Annulé-COVID19 | Les défis de la formation à distance faisant appel au numérique en enseignement supérieur, colloque organisé au Congrès de l’ACFAS

7 mai 2020

Organisé en collaboration avec madame Sawsen Lakhal, UdeS – Université de Sherbrooke

Description du colloque

Nous entrons dans la quatrième révolution industrielle qui implique l’adoption du numérique et des avancées technologiques émergentes, telles que l’intelligence artificielle (IA), les données massives, le 5G et l’Internet des objets, dans la vie quotidienne et professionnelle (Desbiolles, 2019). Les établissement d’enseignement supérieur n’ont pas été à l’abri de la transition vers le numérique (Siemens, Gašević et Dawson, 2015). Pour faire face à ces progrès technologiques rapides et pour préparer la main-d’œuvre future, les modèles traditionnels ne sont plus satisfaisants (Aoun, 2018). L’apprentissage mobile réactif, adaptatif et personnalisé, l’apprentissage sur demande, le micro-apprentissage et l’apprentissage par l’expérience ne sont que quelques -unes des tendances actuelles répondant aux besoins de nos étudiants. Un besoin urgent de mettre en place des approches pédagogiques innovantes et perturbatrices pour bien équiper nos étudiants afin de leur permettre d’apprendre tout au long de la vie et d’être compétitifs dans une société guidée par le numérique et l’IA. Se concentrer sur le développement de la culture numérique, qui comprend la définition, l’accès, la gestion, l’intégration, la communication, l’évaluation et la création d’informations, de manière efficace, efficiente et sûre, au moyen de technologies numériques est aussi devenue une nécessité.

Avec l’avènement du numérique, la formation à distance en enseignement supérieur s’est transformée et plusieurs modalités de cours ont pu voir le jour (Siemens et al., 2015; Skrypnyk et al., 2015), telles que les cours en ligne, les cours hybrides, les cours mixtes, etc. La mise en œuvre de ces modalités de cours sera favorisée dans les prochaines années dans les institutions d’enseignement supérieur bi-modales québécoises (Gouvernement du Québec, 2018) et canadiennes (Bates et al., 2017) pour leur développement à long terme. Par universités bimodales voire même comodales (Gobeil- Proulx, 2019), nous entendons des institutions d’enseignement supérieur qui offrent des cours en présentiel et des cours à distance synchrone et asynchrone. Dans les faits, de plus en plus d’institutions d’enseignement supérieur au Québec, que ce soit au niveau collégial ou universitaire, ont déjà adopté ces modalités de cours, et plusieurs exemples peuvent être consultées en ligne. Toutefois, cette adoption a apporté avec elle son lot de défis tels que la conception et la mise en œuvre de ces cours, les interactions entre les étudiants et l’enseignant et entre les étudiants eux-mêmes, les pratiques enseignantes, l’apprentissage des étudiants, leur persévérance, leur engagement, leur évaluation, pour ne citer que quelques exemples.

Nombreux sont ceux qui prédisent que le numérique et l’IA auront des effets importants sur l’éducation et de la formation à distance. On s’attend à ce que la présence de l’IA, par exemple, augmente de 43 pour cent d’ici 2022 (Alexander, 2019). Son rôle potentiel comprendra, entre autres, l’évaluation automatisée, l’identification des faiblesses des étudiants, l’assistanat à l’enseignement informatisé, le tutorat et le soutien à distance. Les experts s’attendent à ce que l’IA facilite la création de programmes de formation personnalisés grâce aux informations fournies par l’apprenant, en fonction de l’énorme quantité de données qu’elle collecte en ligne et analyse qu’elle en fait. L’objectif de ce colloque est d’explorer l’état actuel de la recherche au regard de ces défis et l’apport du numérique et des technologies émergentes pour face à ces défis.

Ce colloque sur Les défis de la formation à distance faisant appel au numérique en enseignement supérieur s’inscrit dans un des six domaines des défis de demain choisis par le CRSH dans le cadre de l’initiative Imaginer l’avenir du Canada, soit : Quelles sont les nouvelles méthodes d’apprentissage dont les Canadiens auront besoin, en particulier dans l’enseignement supérieur, pour réussir dans la société et sur le marché du travail de demain? Il s’inscrit aussi dans le Plan d’action numérique du Gouvernement du Québec (2018) dans sa deuxième orientation, soit : Exploiter le numérique comme vecteur de valeur ajoutée dans les pratiques d’enseignement et d’apprentissage en éducation et en enseignement supérieur.

Ce colloque revêt une grande importance sur le plan de l’avancement des connaissances. En croisant le regard des chercheurs, il contribuera à faire état des connaissances sur le sujet du numérique et de l’IA pour faire face aux défis de la formation à distance et à identifier les zones d’ombre peu étudiés jusqu’à présent. Sur le plan social, la connaissance de l’état de la recherche sur les défis de la formation à distance faisant appel au numérique et à l’IA en enseignement supérieur permettra aux administrateurs académiques et aux enseignants en enseignement supérieur d’orienter la mise en oeuvre de leurs cours sur la base des résultats de recherche.

Les objectifs à atteindre en organisant le colloque :

  • Mettre en commun des résultats de recherche sous des perspectives différentes afin de mieux comprendre les défis de la formation à distance faisant appel au numérique en enseignement supérieur
  • Permettre l’émergence de nouveaux projets de recherche et de nouvelles collaborations entre les chercheurs et les praticiens s’intéressant à cette thématique
  • À l’issue de ce colloque, travailler sur un ouvrage collectif ou sur un numéro de revue scientifique réunissant les contributions des conférenciers

Présentations acceptées

Notre présentation vise à partager notre pratique pédagogique dans un cours en ligne,
Séminaire de Synthèse, où le médium de communication/apprentissage est le forum de
discussion. Ancrée dans la théorie socioculturelle (Vygocsky, 1978 ; Moore et Marra, 2005), notre approche pédagogique invite l’étudiant à participer activement à son propre apprentissage et à celui de ses collègues afin de tirer profit de toutes les expertises et expériences qu’apporte le groupe-classe. De la haine et la peur, nous en sommes plutôt aujourd’hui à l’amour du numérique qui permet d’enseigner à une classe d’un océan à un autre et d’un continent à un autre. Du nombre de modules à la fréquence des interventions d’étudiants en passant par la qualité des questions, notre présentation sera ponctuée par les témoignages d’étudiants comme « je ne pouvais pas mieux finir ma maîtrise ».
La formation initiale des futurs.es enseignants.es du primaire couvre plusieurs disciplines dont les sciences et technologies (S&T). L’approche par compétence adoptée par le Programme de formation de l’école québécoise justifie d’axer cette formation sur l’appropriation d’une démarche de type « résolution de problème » comme approche pédagogique. Dans le cadre d’un projet de recherche sur l’usage des TIC pour la résolution de problèmes, nous avons développé et mis en place une démarche de pensée design (Design Thinking) comme dispositif de formation. Cette démarche a permis d’aborder la problématique de l’eau potable à la ville de Québec. Pour ce faire, nous avons utilisé la plateforme d’échange Knowledge Forum (KF).

Un des objectifs de cette recherche était de décrire les modalités d’utilisation du KF comme plateforme collaborative d’échange et de partage pour résoudre un problème environnemental actuel. Sur le plan de la méthode, nous adoptons une approche descriptive et qualitative. Les données analysées sont a) les contributions au KF (traces numériques) des équipes ainsi qu’une présentation vidéo des prototypes réalisés et b) des entrevues semi-dirigées (n=4).

Nous présenterons ici une étude de cas de la démarche de pensée design de trois équipes. Nous discuterons de nos résultats de recherche en mettant en perspective les enjeux et débs de l’utilisation du numérique dans la formation initiale des enseignants.es du primaire en S&T.
Les modalités de cours hybrides et en ligne ont de plus en plus de succès en enseignement supérieur, du fait de la flexibilité qu’elles accordent aux étudiants en termes de lieux, de temps ou encore de rythme d’apprentissage. Dans cette recherche doctorale, nous nous intéressons en particulier aux modalités hybrides, qui combinent des activités d’enseignement et d’apprentissage en ligne asynchrone avec des activités synchrones (en classe ou en classe virtuelle), et préservent donc des interactions en temps réel entre étudiants et avec l’enseignant. Ces modalités sont identifiées, dans la littérature scientifique, comme un terrain propice à l’engagement des étudiants, du fait de la combinaison d’activités synchrones et asynchrones et du potentiel offert par le numérique. Pourtant, peu de recherches ont, jusqu’ici, étudié l’engagement des étudiants dans ces modalités. Résultant des interactions entre les étudiants et le contexte d’enseignement et d’apprentissage, l’engagement des étudiants est ainsi influencé par la modalité de cours et influençable par les conditions mises en place par les enseignants. Dans cette communication, nous brosserons d’abord un portrait de la recherche doctorale sur l’engagement des étudiants dans des modalités hybrides. Nous présenterons ensuite des résultats relatifs aux stratégies pédagogiques propices à l’engagement des étudiants dans différentes modalités hybrides, ainsi qu’aux défis auxquels font face les enseignants dans ces modalités.
Les Massive Open Online Courses (MOOC) transforment actuellement le milieu de l’éducation en offrant à moindre coup une éducation de haute qualité. Nombreux sont les acteurs du monde de l’éducation qui annoncent une révolution de l’apprentissage, tant au niveau de la formation initiale que continue. Toutefois, actuellement, c’est surtout un très grand taux d’abandons qui est observé auprès des apprenants qui s’inscrivent à ces fameux MOOC. Ainsi, le but de cette présentation est double : premièrement, nous nous attarderons aux raisons expliquant cet important taux d’abandon, pour, deuxièmement, relever les solutions proposées par la littérature, principalement axées sur les méthodes de production de contenu éducatif par vidéo afin de maximiser l’engagement et la persévérance des apprenants. À ces solutions s’ajoutera également quelques pistes de réflexion quant à notre propre expérience à titre d’apprenant au sein de MOOC, ayant nous-mêmes suivi et complété 3 MOOC. Cet exposé, présentant les résultats préliminaires de notre revue de la littérature, aura pour impact de suggérer des pistes d’orientation pour les praticiens dans ce domaine en effervescence.
Dans le cadre d’une étude, nous avons évalué si un ou plusieurs types de présences (d’après le modèle de la Community of Inquiry (CoI), un modèle développé par Garrison, Anderson et Archer entre 1997 et 2001), ou encore des éléments au sein de chaque présence, avaient une influence sur la décision de persévérer ou d’abandonner chez les étudiants inscrits en FEL en enseignement supérieur. Par ailleurs, puisque des études (Horzum, 2015; Khalid et Quick, 2016; Kucuk et Richardson, 2019; Lewis, 2019; Richardson, Maeda, Lv et Caskurlu, 2017) ont constaté que des présences prédisaient de manière significative la satisfaction, et que des niveaux de satisfaction élevés incitent les étudiants à persévérer, nous avons également investigué les effets que peuvent avoir la satisfaction sur la relation entre les différentes présences et la persévérance.
Dans ce contexte, nous proposons de présenter les résultats des analyses issus de cette recherche effectuée auprès d’un échantillon de 1115 étudiantes et étudiants qui ont suivi une FEL créditée dans une université québécoise lors de l’année scolaire 2016-2017. En plus des résultats descriptifs, nous envisageons de présenter l’évaluation des qualités psychométriques des échelles, les associations entre les variables explicatives du modèle sur l’intention de persévérer par des analyses par équations structurelles, et enfin, les résultats des tests de différences entre les moyennes.
Depuis quelques années, la formation en ligne connait une forte croissance et devient une composante cruciale du développement stratégique des établissements d’enseignement postsecondaire (Johnson, Donovan, Seaman et Bates, 2019). Plusieurs universités traditionnelles deviennent maintenant bimodales offrant à la fois des cours sur campus et développant une offre importante de cours et de programmes en ligne. Pour nombre d’auteurs, un des principaux débs actuels de la formation virtuelle est de favoriser la présence en ligne afin de diminuer le sentiment d’isolement et de développer une communauté apprenante (Cunningham, 2014; Shackelford et Maxwell, 2012). La visioconférence web est l’un des outils technologiques de plus en plus adoptés par les universités pour offrir des cours complètement en ligne en mode hybride (Watts, 2016). Cet outil de communication audio-vidéo semble constituer une voie prometteuse pour faciliter l’interaction en temps réel et augmenter la présence dans les cours en ligne. Cette communication présente les résultats préliminaires d’une étude exploratoire menée auprès des étudiants inscrits à des cours en ligne dans des universités bimodales situées au Moyen-Orient. Les données ont été recueillies à l’aide de trois types de techniques : le sondage en ligne, l’entrevue semi-dirigée et l’observation des séances enregistrées. Cette recherche pourra intéresser le personnel enseignant qui envisage d’adopter la visioconférence web dans leur formation.
Dans cette présentation nous partagerons nos réflexions après avoir tenté une première expérience d’enseignement d’un cours au deuxième cycle en mode comodal. La formation comodale est définie comme étant un « système de formation où coexistent de façon simultanée les modes de formation en présentiel et à distance, ce qui permet à l’étudiant de choisir sur une base hebdomadaire le mode de diffusion qui lui convient, en fonction de ses besoins ou de ses préférences » (Université Laval – Conseil universitaire, 2012, p.4). Cette comodalité offre une flexibilité dans le temps et l’espace aux étudiants d’où un niveau d’inclusion plus élevé. De plus, elle leur donne l’occasion de développer des compétences technologiques et sociales nécessaires pour collaborer et échanger avec des collègues d’une façon simultanée en présentiel et à distance. Nous discuterons de la conception des activités réalisées à la fois en présentiel et à distance du cours intitulé « Design de systèmes d’enseignement et de formation », du choix du local et des équipements technologiques pour accompagner les activités d’enseignement et d’apprentissage, des stratégies adoptées pour
faciliter ces activités et pour faire face aux défis attendus ainsi que ceux inattendus, des
réactions des étudiants, et des leçons apprises. Nous terminerons cette présentation avec une réflexion sur la durabilité et l’évolutivité de cette pratique pédagogique à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.
Le but de cette étude est d’examiner les caractéristiques qui favorisent l’intégration
académique et sociale des étudiants inscrits à des cours mixtes. De nombreuses études et modèles ont considéré l’intégration académique et sociale comme des déterminants importants de la persévérance et de la réussite des étudiants dans les programmes et les cours en enseignement supérieur. À l’instar des recherches actuelles sur les cours hybrides qui s’appuient sur des modèles et des théories développées pour les cours en ligne et les cours en présence, nous nous appuyons sur le modèle de Tinto (Tinto, 1975, 1993) et ceux de Rovai (2003) et de Park (2007) pour mieux définir l’intégration académique et sociale des étudiants dans les cours mixtes. Pour atteindre l’objectif de l’étude, une méthodologie qualitative a été adoptée. Les participants à l’étude étaient des étudiants (n = 8) inscrits à un programme d’études supérieures en éducation offrant uniquement des cours mixtes, ainsi que leurs enseignants (n = 5). Des entretiens semi-dirigés (d’une durée de 60 à 120 minutes) ont été utilisés comme méthode de collecte des données. Les résultats montrent que de nombreuses caractéristiques des cours mixtes semblent favoriser l’intégration académique et sociale, y compris les stratégies pédagogiques utilisées. De plus, cette intégration dépend des attitudes des enseignants et des étudiants en présentiel vis-à-vis des étudiants en ligne.
Dans le contexte de la 4ième révolution industrielle, qui amène des vents de changements systémiques à tous les niveaux sociétaux, l’apprentissage informel et non-formel prennent de plus en plus d’importance. Le mouvement « maker » en éducation, issu de la culture maker, remet en question notre façon de former à l’innovation, la créativité, la collaboration et la résolution de problème. En effet, le nec plus ultra de l’information de la culture « maker » n’est pas dans les livres. Au contraire, l’information à la fine pointe de la technologie est distribuée à travers l’internet et dans les sites de réseautage sociaux. Les laboratoires créatifs que j’ai créés attirent des étudiants, des professeurs et des membres de la communauté parce ces espaces offrent des tables de travail, des outils manuels et électriques, ainsi que des imprimantes 3D et des découpes vinyle. Par contre, personne ne peut réclamer qu’il ou elle détient tout le savoir nécessaire pour créer et innover. La présence de la communauté en ligne internationale de « makers » est essentielle pour développer du savoir, des aptitudes et des compétences pour apprendre à innover. Dans cette communication, je présenterai quelques projets « quasi-impossibles » qui ont été conçus par des étudiants en éducation qui ont su découvrir l’extraordinaire et développer des compétences pour se préparer à la 4ième révolution industrielle à travers leurs expériences avec la culture maker en ligne.
Cette communication porte sur une formation à distance faisant appel au numérique Apprentissage en Langues et Interculturalité Via un Environnement numérique (ALIVE) destinée aux 200 étudiants de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) réalisant une mobilité internationale. Nous présentons le contexte des formations faisant appel au numérique dans l’enseignement supérieur en France (Paquelin, 2014). Ensuite, nous nous concentrons sur le concept de l’engagement cognitif de l’étudiant (Casimiro, 2016) et sur la méthodologie de l’étude de cas (Albero, 2010 ; Yin, 2009). Enfin, nous présentons les résultats qui illustrent l’impact de la formation ALIVE (2017-2019) sur les apprentissages des étudiants, notamment en termes d’acquisition de compétences interculturelles et sur les pratiques professionnelles (Ferone, 2017). Ces résultats permettent également d’identifier les besoins d’accompagnement des étudiants, la nécessité de changement de posture des acteurs (enseignants et praticiens), la valeur ajoutée et les défis de ce type de formation.