Expérience d’auxiliaire d’enseignement à l’automne 2020 et l’hiver 2021 en TEN-7001 Approche systémique et analyse de besoin et TEN-7006 Design de systèmes d’enseignement et de formation

6 septembre 2021

Lorsque la professeure Nadia Naffi m’a contactée pour être son auxiliaire d’enseignement en septembre 2021 dans le cours d’approche systémique et analyse de besoin, la session était déjà bien entamée: il fallait rapidement s’approprier le cours et se greffer au groupe pour aider les étudiants. Un nouveau défi? Oui, avec plaisir!

Vivre l’expérience d’auxiliaire d’enseignement en période de pandémie, c’est d’abord et avant tout accompagner les étudiants dans une nouvelle normalité avec son lot de défis. C’est plus d’une quarantaine qui ont suivi le cours d’analyse de besoin à l’automne 2020, puis celui de design à l’hiver 2021 ; nombre important qui reflète bien combien les circonstances de l’année ont révélé l’importance cruciale de notre domaine. Tous ont suivi ce cours à distance (contrairement à la session d’hiver 2020 où l’approche comodale avait été adoptée avec succès, avant que la pandémie ne se déclare), et tous l’ont fait avec la charge horaire et mentale supplémentaire qu’on imagine. Il était donc essentiel de pouvoir leur offrir le support et l’encadrement nécessaires pour que le cours ne soit pas une autre source d’anxiété mais un défi engageant voire même, disons-le, une échappatoire bienvenue vers des apprentissages pleins d’espoir pour le futur de l’enseignement à distance. 

Avec quelques expériences en enseignement et les trois cours fondamentaux du programme déjà complétés, j’ai été rapidement à l’aise dans ce rôle de facilitateur. J’ai pu porter une attention particulière pendant les cours en synchrone et à travers les échanges dans les forums, que le contenu de cours était bien compris, de même que les exigences des différents travaux.

Je me suis jointe au groupe comme auxiliaire certes, mais j’ai surtout rejoint une communauté d’apprentissage en tant qu’étudiante également. J’ai varié mon apport à chaque étudiant selon son besoin : plusieurs débutaient le programme, avaient peu d’expérience en conception pédagogique ou même n’évoluaient pas dans le milieu de l’éducation, et avaient donc besoin d’éclaircissements généraux sur l’utilisation de documents techniques ou le processus de travail par exemple, dans le cours de design. Pour cela, mon expérience professionnelle du quotidien m’a beaucoup servi, et je crois que mes contributions ont été très complémentaires au contenu de cours de Mme Naffi, particulièrement en ce qui a trait aux contraintes techniques, aux enjeux pouvant survenir pendant la diffusion d’une formation et évidemment au droit d’auteur, mon sujet de spécialité. 

Je mentionne aussi la communauté d’apprentissage, car une bonne proportion du groupe avait déjà, par leur emploi d’enseignant, de conseiller pédagogique ou de technopédagogue, de bons réflexes en conception pédagogique. Les échanges étaient donc particulièrement riches dans la mesure où chacun apportait ses réflexions pour le bénéfice de tous, traduisant bien l’approche constructiviste/socioconstructiviste adoptée pour ces cours. Pendant les temps de travail en petits groupes, j’ai apprécié me faire une joueuse supplémentaire à chaque équipe, d’abord en m’assurant que les travaux évoluaient à l’intérieur des balises posées par Mme Naffi, mais également en essayant toujours d’apporter des réflexions que mes yeux extérieurs aux projets pouvaient faciliter.

Le processus que chacune des équipes a suivi pour la réalisation de son projet était évidemment pédagogique, scientifique, mais aussi digne d’un processus créatif. Elles devront assumer leurs choix et les concrétiser dans le prochain cours du tronc fondamental, celui de développement (TEN-7015). En bout de ligne, je leur souhaite la même chose que ce que j’ai accompli à la fin de ces deux sessions : se faire confiance dans les choix faits en fonction des objectifs, des apprenants et des contraintes. En effet, une fois qu’on a intégré les réflexes, bonnes pratiques et tendances actuelles en matière de conception de formation, il ne reste plus que cela : assumer ses choix justifiés et se faire confiance pour mener un projet à bien. 

À travers les deux sessions d’automne et d’hiver, je nous ai trouvés chanceux, les étudiants et moi, de vivre ce cours sous l’expertise de Nadia Naffi. Alors que la majorité des enseignants du réseau a dû apprivoiser le mode synchrone voire le comodal en précipitation au printemps dernier, Nadia Naffi a l’expérience et la maîtrise totale des outils techniques à disposition. Nul besoin de prendre beaucoup de recul pour reconnaître qu’en ces temps de pandémie, la qualité d’apprentissage n’a pas souffert dans ses cours. Le contexte de la covid-19 aura ainsi apporté son lot de défis et de succès, et sera riche d’enseignements pour le retour à la « vraie » normalité que l’on souhaite à l’automne prochain.

« Qui enseigne apprend à enseigner, et qui apprend enseigne à apprendre » (Freire, P. (2013). Pédagogie de l’autonomie (pp. 39-62). Toulouse, France: ERES.)

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