L’apprentissage dans le flux du travail : mythe ou réalité ?

2 avril 2021

Par ces temps de pandémie de COVID19 et les nombreux bouleversements qui en résultent, on entend beaucoup parler d’apprentissage dans le flux du travail. Oui, le fameux learning in the flow of Work. Dans son article intitulé « Supporting Learning In The Flow Of Work », Suresh Kumar DN explique que « L’expression “apprentissage dans le cadre du travail” a été inventée par Josh Bersin, un analyste des RH et de l’apprentissage dans les entreprises aux États-Unis. Elle fait référence à des pépites d’apprentissage facilement accessibles et attrayantes pendant le travail, ce qui permet de maximiser la productivité, de réduire l’épuisement professionnel et d’améliorer le moral des employés ». L’apprentissage dans le flux du travail est ainsi présenté comme le nouveau paradigme de la formation en entreprise dans la mesure où il explore les possibilités d’apprentissage de l’employé tout au long de la journée.

Le nouveau paradigme de la formation en entreprise

Gary Stringer propose justement trois raisons pour lesquelles apprendre dans le flux du travail vous rend meilleur. Dans un premier temps, l’apprentissage dans le flux du travail s’adapte à vos habitudes quotidiennes en vous rejoignant sur votre lieu de travail. Ensuite, vous gagnerez du temps et serez plus productif. Enfin, vous serez plus engagé et bien entendu plus heureux au travail. L’apprentissage dans le flux du travail s’inscrit ainsi dans les exigences contemporaines de nos sociétés modernes en favorisant la productivité de l’employé sur son lieu de travail à travers sa motivation et par-dessus tout son bonheur ou la satisfaction personnelle qu’il en tire. L’employé est ainsi placé au centre du dispositif d’apprentissage dans la mesure où il apprend selon ses besoins de performance dans le cadre de ses fonctions et à son propre rythme. D’ailleurs que disent les prédictions de 2021 à cet égard ?

2021, une année favorable à l’e-learning et par ricochet, au learning in the flow of work

Si la pandémie de la COVID19 n’a pas inventé l’apprentissage à distance, elle a moins modifié nos habitudes de vie en suscitant un regain considérable à la fois d’attention puis d’attrait pour l’e-learning. D’ailleurs, on remarquera que dans les huit tendances et prédictions pour 2021 figurent entre autres, une croissance de l’enseignement virtuel, un besoin accru de formation, les formations par vidéos, le mobile microlearning, etc. La dernière citée faisant partie intégrante de l’apprentissage dans le flux du travail. L’apprentissage dans le flux du travail semble ainsi trouver sa légitimité au-delà même de simples croyances nourries par de quelconques boules de cristal dans la mesure où nos exigences de vie et surtout de productivité au 21e siècle semblent le nécessiter et sans doute, bien au-delà encore.

Vers la fin de la crise pandémique de COVID19 ? Quels alignements prévoir ?

Avec la fin prochaine de la crise pandémique de la COVID19, il faudra certainement trouver quelques ajustements, et ce, dans tous les domaines y compris ceux combinant travail et apprentissage. Au risque de s’exposer à une certaine forme d’exhaustivité, on pourrait observer grosso modo, cinq façons d’aligner le travail et l’apprentissage après l’actuelle pandémie. Il s’agit en effet de tirer les leçons de vos activités, d’établir une boucle d’apprentissage fermée, d’adopter l’amélioration continue et enfin de donner une grande priorité à la curiosité. Des traits d’alignement sinon de réalignement en réalité qui sont des composantes essentielles de l’apprentissage dans le flux du travail. Notre fameux learning in the flow of work n’a visiblement rien d’un effet de mode d’autant plus que la fin prochaine de la crise pandémique de la COVID19 devrait lui assurer pour le moins qu’on puisse dire un avenir plus ou moins certain. Cela dit, a-t-on quelques exemples concrets d’expérimentations de l’apprentissage dans le flux du travail avec des retombées positives pour la productivité ?

Quelques exemples concrets ?

L’apprentissage dans le flux du travail est facteur d’une augmentation mesurable de la productivité en entreprise. C’est du moins ce dont semble témoigner l’exemple de l’entreprise Colgate Palmolive. Dans un webinaire organisé en janvier 2021 à cet effet, le responsable mondial de la chaîne d’approvisionnement de cette entreprise s’est réjoui du fait que grâce à l’adoption de l’apprentissage dans le flux du travail, Colgate Palmolive est parvenue entre autres, à une évaluation des compétences et des équipements en amont, à une évaluation des systèmes de soutien aux performances sur le lieu de travail tout comme à une mesurable augmentation de la productivité.

Mais encore…

Dans le même ordre d’idées, Microsoft et ses partenaires s’engagent dans l’apprentissage dans le flux du travail. Ne voulant guère demeurer en reste des bienfaits de l’apprentissage dans le flux du travail, Microsoft dans un partenariat avec Cornerstone marque aussi son engagement. Il est ainsi question non seulement de contribuer à repousser les limites que connait l’apprentissage en milieu de travail encore aujourd’hui, mais surtout de s’inscrire durablement dans ce qui apparaît de plus en plus comme une véritable innovation pour ce qui est de la formation en milieu de travail.   

Encore ce 11 mars 2021, ServiceNow, une entreprise américaine basée en Californie et spécialisée dans le développement de plateforme de cloud computing pour aider les entreprises à gérer les flux de travail, a dévoilé, pour ce qui est de sa firme québécoise, l’intégration de l’apprentissage dans le flux du travail. Le but étant « d’aider les entreprises à innover rapidement, à être plus agiles et à fonctionner de manière plus productive ».

L’apprentissage dans le flux du travail qui regroupe la plupart des innovations en matière de formation c’est-à-dire le micro learning, le mobile learning, le social learning, l’adaptative learning, etc. se dessine progressivement comme la norme de l’apprentissage notamment en milieu professionnel.

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