L’enseignement supérieur : une transformation en évolution!

11 novembre 2021

Contexte éducatif inédit et résilience éducative 

Il était une fois des universités ! Apprentissage phygital, enseignement uberisé, telle est la situation actuelle de l’enseignement supérieur. 

Une pandémie a presque radicalement changé nos modes de vie, nos relations sociales, nos façons de travailler et d’apprendre. Elle nous a obligés à réagir de façon urgente pour sauver le présent et peut-être le futur.  

L’éducation était frappée de plein fouet par la crise, entrainant des dysfonctionnements de l’enseignement supérieur. Il fallait – entre autres – repenser la conception des cours pour les adapter à un enseignement distanciel et réviser les méthodes et modalités pédagogiques, ayant pour conséquence la nécessité d’un « engagement actif » de tous les acteurs éducatifs en vue d’atteindre « un mieux pédagogique ». 

Les tendances actuelles : enseignement supérieur qui rime avec transformation numérique 

A partir de mars 2020, le recours à l’enseignement distanciel ou hybride est devenu une réalité à laquelle nul n’a pu échapper.  

Bien que la pandémie ait accéléré la massification de l’enseignement à distance, une transformation numérique se profilait toutefois depuis des années avec les avancées de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans différents domaines de la vie. Par conséquent, on observe un changement des besoins du marché du travail qui devient plus numérique et un retour énergique aux études pour acquérir de nouvelles compétences. Dès lors, qui mieux que le milieu universitaire peut répondre à cette évolution ?  

L’enseignement supérieur demeure le levier de cette transformation numérique, un tsunami qui enrichit les opportunités d’éducation, de formation et d’apprentissage et les diversifie, malgré un risque de fracture numérique .

L’université Laval : exemple d’une université pionnière ?

L’Université Laval propose des programmes variés (microprogrammes, nanoprogrammes, programmes sur mesure, modules non-crédités) aboutissant à des cours métamorphosés, accommodés aux besoins des étudiants et de leurs attentes et alignés à la transformation numérique. 

Formation à distance (Université Laval, 2018)

En effet, l’Université Laval aspire à des pédagogies innovantes centrées sur l’apprenant, sur son développement pour affermir son épanouissement à l’ère du numérique. Dans cette optique, Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval, appelle à repenser les pratiques pédagogiques dans le but de les rendre plus inclusives, de sorte qu’elles répondent le mieux aux exigences de la société et du marché du travail : « Il faut croiser nos visions sur les compétences à prioriser pour le futur, les façons à rimer l’économie, l’éducation, la recherche et les besoins de la société ».  

L’un des critères de l’innovation pédagogique réside dans la clarté des « visions » et dans leur aspect englobant, comme le souligne le professeur Paquelin : « La vision ne peut se réduire à une simple adoption de courant, de mode ; elle doit proposer un cap qui prend la forme d’un plan stratégique qui agira comme guide […]. Cette vision peut être co-construite par un ensemble d’acteurs et ne peut se réduire à ce qui pourrait paraître une injonction telle que l’augmentation de la réussite étudiante »

L’enjeu est donc de taille pour tous les acteurs pédagogiques appelés au dialogue et à la coopération. 

La présence dans la distance : une flexibilité ad hoc

Les salles de classe basculent de plus en plus entre les lieux physiques et virtuels. Plusieurs modalités d’enseignement sont offertes aux étudiants des universités nord-américaines.  

Parmi cette multitude de modalités, nous nous intéressons plus particulièrement au modèle de conception de cours comodal (HyFlex) qui offre un apprentissage flexible et semble être la formule la mieux adaptée au contexte de la pandémie, comme l’affirme la professeure Naffi  : bien qu’elle soit exigeante – puisqu’elle exige une charge de travail supplémentaire dans la conception et le développement de différents parcours d’apprentissage, dans le soutien aux étudiants et dans la facilitation de leur apprentissage – elle se démarque par une flexibilité dans le temps et l’espace, par l’immédiateté ainsi que par l’adaptabilité d’un apprentissage personnalisé, inclusif, équitable et plus humain.  

Force est de noter qu’on n’improvise pas un cours à distance, lequel requiert la connaissance des théories d’apprentissage et des différents concepts sous-jacents à l’enseignement distanciel.  

Cet enseignement nous pousse aussi à requestionner le curriculum caché qui, selon Paquelin, nous permet de mieux comprendre de quelle manière les étudiants apprennent. De même, il serait urgent de savoir quels apprentissages sont visés, quelles méthodes d’évaluation sont mises en place, quelles méthodes pédagogiques sont adoptées. Un design pédagogique suppose en effet une cohérence - ou une alliance – entre ces trois entités.  

L’avenir : Un design plus humain jumelé d’une culture d’apprentissage

L’avènement de la pandémie a agi comme un catalyseur pour déclencher la transformation numérique brossant un tournant décisif dans l’histoire de l’éducation tout en ayant un impact majeur sur notre appréhension du monde qui nous entoure, dans le sens où elle nous a stimulé à nous remettre en question, à voir « l’invisible », à analyser pour mieux comprendre avant d’agir.  

Notre vie est semblable à un écosystème où études, travail et vie personnelle sont interreliées. L’université est au sein de cet écosystème et doit évoluer avec tout changement survenant dans la société.  

Il faut donc concevoir un design pédagogique plus humain et plus personnalisé. LXD (Learning experience design) en est un bel exemple. Centré sur l’apprenant, il propose des activités qui se transforment en expériences d’apprentissage engageantes, significatives et interactives, ce qui accentue la responsabilisation de l’apprenant.  

Il faut également développer une culture d’apprentissage afin de créer une dynamique d’apprentissage où l’étudiant, conscient de son apprentissage, se forme à être « compétent » et « autonome ».  

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